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les chroniques de plume

Publié le samedi 26 novembre 2005


Samedi 26 novembre 2005

 

 

Schneider Tageblatt ( image prise sur http://www.courrierinternational.com/ )

Ok, ça fait trois semaines que le sujet est partout tout le temps à toutes les sauces... alors pardonnez-moi d'y mettre mon grain de sel mais, quoi de mieux pour faire renaître les chroniques qu'un événement... Brûlant ?

Trêve d'introduction, l'explosion de la violence que connaît le pays actuellement ne se traite pas à la sauce humouristique, c'est avec beaucoup de gravité que les journaux étrangers vont jusqu'à qualifier de " petite guerre civile" les manifestations de colère des banlieues parisiennes, lilloise, niçoises, lyonnaises... j'en passe et de beaucoup, on parlait ce soir (9 novembre)   de 200 communes touchées par la violence.

Dans son allocution télévisée du 14 novembre, Le président de la république semble avoir analyser le fond du phénomène. Sont évoqués : "crise d'identité", lutte contre les discriminations,  la volonté forte de mettre fin à la situation actuelle ( comme c'est étonnant !) et surtout, le respect de la Loi.

Premier point : la « crise d’identité », le « malaise profond ».  Mais ce malaise n’est pas né en octobre 2005. Il est bien plus ancien, bien plus qu’un simple phénomène de mode. Depuis combien d’années l’insécurité est-elle reine dans les campagnes électorales, et pas seulement présidentiel ? Si on veut remonter loin et faire de la sociologie, on pourrait allé jusqu’à dire que la révolte est inhérente à l’esprit français ( on peut s’amuser à citer 1789 et la révolution, le débuts des années 1830 et les barricades, 1848 et une autre révolution, 1870 et la commune de Paris, plus récemment mai 68 ? ). Mais la comparaison relève de l’exagération. La crise actuelle, c’est une crise de l’intégration à la française. Sont mis en cause par Chirac, le chômage massif, l’urbanisme inhumain, la déscolarisation… Au-delà de cette énumération, un mot revient : Discrimination.

Les discriminations «  d’où qu’elles viennent » sont dénoncées. « Affirmative action » à l’américaine et système de « quotas » sont rejetés en bloc. La phrase de Chirac somme toute sonne juste : la logique des quotas «  montre en quelque sorte du doigt ceux qui en bénéficient et (…) est injuste pour ceux qui n’y ont pas droit ». Il n’est pas question pour le président de résoudre la question des inégalités par des mesures inégalitaires inversées si je puis m’exprimer ainsi.  Seul point positif de la discrimination positive, c’est qu’elle pointe l’existence de la discrimination négative, point. ( et vivent les répétitions !).                 Pourtant, elle n’est pas récente cette « discrimination positive » qui ne porte pas son nom. Discrimination géographique depuis 1975 : les ZEP. Si elles ne semblent pas franchement avoir amélioré le niveau scolaire, on ne peut pas dire non plus qu’elles l’aggravent, tout au moins le stabilisent-elles.

Et les mesures prises existent en nombre : zones franches, plan de rénovation urbaine, plan de cohésion sociale… Cependant, le président de la république dénonce lui-même les problèmes majeurs : premièrement il faut mettre « en cohérence les discours et les actes ». Deuxièmement c’est un «  effort de longue haleine ». Or les discours et les actes semblent bien difficiles à mettre en cohérence et le besoin de solution est plus pressant que jamais. L’effort de longue haleine est une solution à long terme. Or imagine-t-on pouvoir dire à ceux qui vivent ces émeutes au quotidien que oui on a une solution mais que non, pas aujourd’hui mais dans dix ans ?

Avant toute chose, ce qu’il faut restaurer c’est la confiance perdue dans le système d’intégration Républicains _voire ce système en lui-même ; et il faut rendre un sens à l’expression «  Respect des Lois ». Répétée, martelée par Chirac, « on ne viole pas la loi sans être appréhendé, poursuivi et sanctionné » «  on respecte les règles [ de notre communauté nationale] » «  respect de la loi » ( tout ceci sur deux paragraphes… lui aussi aime les répétitions), bref, les cadres juridiques français qui condamnent toutes les formes de violences qui ont explosé ces dernières semaines sont rappelés avec forces. Notion tombée en désuétude le respect ? Chirac s’en fait le champion toutes catégories. Mais cet argument peut être retourné contre lui : on évoquera Sarkozy et son « mot » de racaille qui a fait coulé tant d’encre. On entend déjà le discours «  on respecte qui nous respecte».

Discrimination, crise, émeute, violence… La France fait face à un très grave problème et si le gouvernement semble finalement poussé à prendre des mesures, elles ont intérêt, vu la situation actuelle, à se montrer rapide et efficace.

 

PS : wouah ! y'avais longtemps !

Un blogue Journal personnel/Pensées par Mon Blogue.com

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