Encore une réforme de l'école, du bac et de tout ce qui tourne autour. Après le bébé LMD, on veut nous changer notre bac. Maintenant, à cause de cela, devant les grilles des lycées, on peut placer des affichettes : attention élèves méchants ( et qui mordent dès qu'on touche à leur bac bien aimé).
pour ceux qui "ne sortent pas le dimanche" ( citation de Monsieur F, prof d'histoire à Gambet'city) ou qui n'ont pas la télévision ( oui oui, ça existe, il paraît même que certain n'ont pas Internet, quel dommage pour eux de manquer cette chronique, n'est-ce pas ?), Monsieur Fillon, actuel ministre de l'éducation ( vous savez, celui qui remplace un malheureux Luc Ferry qui avait lui aussi tenté la réforme)[ Ndp, avec toutes ces parenthèses, comment arriver à la fin de ma phrase, je vous le demande !] Je disais donc : pour ceux qui ne sortent pas le dimanche, monsieur Fillon dans sa réforme préconnisait un bac en deux temps, moitié contrôle-continu, moitié épreuve finale.
Il prévoit également, car c'est toujours d'actualité, d'instaurer l'apprentissage des langues dès la primaire, des heures de soutiens, la prise en compte du comportement pour le brevet des collèges etc... pour les élèves, et niveau profs, entre autre, des créations de postes, une liberté pédagogique et l'obligation de remplacer " au pied levé" ( comme l'ont dit certains anti-réformistes) leur collègues.
Et cette réforme fait gronder les lycéens. On ne veut pas d'un bac à deux vitesses. C'est là notre argument. Je dis "notre, étant moi-même Lycéenne et passant le bac cette année. D'ailleurs, à ce niveau-là, nous sommes gagnants...
Seulement, il nous faut plus. C'est là que je me pose la question, pourquoi ? Pourquoi vouloir faire retirer complétement une réforme qui n'a pas que des mauvais côté ? Les langues dès la primaire par exemple, c'est une bonne idée, non ? Oui, mais c'est peut-être l'un des seuls points positifs.
Ce qui me pousse à rédiger cette chronique, ce n'est pas tant pour m'insurger à mon tour contre le projet Fillon. C'est surtout pour expliquer à ces messieurs du gouvernement, que non, nous ne sommes pas manipulé et que oui, à 16, 17, 18 ans, on a une opinion et que notre avenir nous inquiète.
Certes, nous manquons peut-être d'expérience, mais pas de jugeotte. Alors entendre dire à la télévision, à la radio et ailleurs que si nous manifestons, c'est parce qu'on nous manipule ( et qui d'abord ? nos profs, nos parents ? au contraire, ils sont je pense les premiers à préférer nous voir en cours plutôt que dans les rues) cela m'exaspère et me fait sortir de mes gonds.
On va finir par croire que nous sommes effrayants avec nos mobilisations, nos slogans, nos dix-huit ans ou presque et nos futures cartes d'électeurs ( car oui, messieurs, mesdemoiselles les lycéens, je vous rappelle que nous sommes les électeurs de demain, O formidable nouvelle!). On va finir par croire que notre grogne, d'abord pas prise au sérieux, est finalement tellement prise en compte que Monsieur le ministre de l'éducation est obligé de faire passer son projet dans l'urgence...
Finalement, on n'est peut-être pas si manipulé que cela, on n'est peut-être pas si peu responsables, et peut-être aussi qu'on a nos opinions, et peut-être surtout qu'on a le droit de les exprimer, avec nos mots à nous, nos mobilisations.
C'est assez ironique au fond, cette idée de manipulation, quand on sait qu'en règle générale, nous les ados, on fait le contraire de ce qu'on nous dit de faire...
Il fallait bien un ministre pour réformer une telle idée reçue ( en pleine poire d'ailleurs, l'idée reçue...)

