Documentalistes :
1_Etres humains appartenant au personnel enseignant. Participe donc, par définition, à l'oppression des élèves. 2_Dans certains cas on peut les définir comme appartenant à la population d'un lycée, dans le camps des élèves. Par conséquent participant à l'oppression des professeurs. 3_ être appartenant à la population d'un établissement scolaire, neutre dans le conflit séculaire entre élèves et professeurs.
Vous connaissez n’est-ce pas, ces personnages que l’on croise parfois dans les couloirs, parfois à la cantine, mais en règle générale, dans les rayons de livres des CDI ? A moins bien sûr, de ne pas fréquenter cet endroit pourtant très important dans la vie de n’importe quel lycéen. Indifféremment homme ou femme, le documentaliste peut être, comme l’annonce si bien la définition du petit Lablonde Plumesque, ( bouquin extrêmement utile, vous en conviendrez), un être d’une extrême gentillesse, vous apportant gentiment leur aide, ou bien vous laissant faire vos devoirs dans votre coin. Le documentaliste, le bon documentaliste, vous laissera en paix, tant que vous respecterez le sacré, le saint, le plus religieux des silences, car c’est, il faut bien le dire, aux yeux des documentalistes, une véritable religion que celle de la non vibration de la moindre corde vocale ; un principe absolu ( ndp: comme dirait ce cher professeur de philosophie. ) Du moment, donc, qu’aucun mot, qu’aucun gargarisme même ne sort de votre bouche, le bon documentaliste vous laissera tranquille. Parfois même, celui-ci vous autorisera, lorsque l’heure se fera tardive et les devoirs moins lourd, à échanger trois chuchotements avec votre voisin. Le bon documentaliste, pourrait même, s’il est dans un bon jour, prendre votre défense face à un professeur trop exigeant.
Il existe aussi, ces documentalistes qui font leur travail, sans plus. Se contentant de s’asseoir à leur bureau, de vous faire observer le silence ( très important, voir ci-dessus), et de s’assurer que vous n’abîmez pas les livres que vous leur empruntez. Ils ne prendront certes pas votre défense, vous paraîtront froid, distant, certes, mais au fond, pas méchant.
Parce que, hélas, trois fois hélas, il existe malheureusement une troisième sorte de documentalistes. Des gens zélés, beaucoup trop pour être honnête, ou bien n’ayant rien d’autre dans leur vie que leur métier. Des personnes qui souhaitent absolument tout contrôler. Vous réclament votre carnet de correspondance à la moindre occasion, veulent connaître dans les moindres détails le pourquoi du comment vous leur rendez visite, et qui vous regardent avec des yeux rond lorsque vous leur répondez, tout simplement, dans sa plus pure vérité : « pour travailler ». Ce genre de documentalistes vous répondra alors avec sa charmante voix de crécelle, et son si délicat ton de chien en colère : « je sais très bien que c’est pour travailler ! mais c’est pour de l’étude ou pour des documents ? parce qu’ici c’est pas une étude, hein ? c’est un CDI ! » Oui, parce que d’après le règlement, dans la tête des documentalistes, comme dans la tête des professeurs d’ailleurs, on vient au CDI pour travailler avec des documents. Il n’est jamais venu à l’esprit de ces personnes, que les élèves puissent préférer le CDI à la permanence pour travailler et ce pour plusieurs raisons que j’énumère ci-après :
1- La permanence est plus bruyante que le CDI, bien que les tables soit isolées les unes des autres, il y a toujours quelques bavards, rappelés à l’ordre de temps à autre, et encore, par le pion chargé de la surveillance. Pour travailler correctement, rien ne vaut le silence du CDI
2- Et je rajouterais, le silence et l’ambiance studieuse du CDI. L’environnement des livres crée une atmosphère de travail qu’on ne trouve qu’au CDI.
3- Le CDI est un lieu quelque peu « intime » les élèves s’y sentent bien, plus en sécurité peut-être que dans l’immensité de la salle de permanence.
4- On ne sait jamais ce que les devoirs nous réservent. Il est fort probable que la nécessité d’un dictionnaire se fasse sentir, auquel cas, le CDI est l’endroit propice où se trouver pour en avoir un sous la main.
5- Enfin, tout simplement, au nom d’une certaine liberté de choix. Si un élève préfère, pour quelque raison que ce soit, travailler au CDI, il n’y a rien qui devrait l’en empêcher.
Cependant, certain documentaliste empêche l’accès à leur lieu de travail, pour des raisons aussi stupides qu’incompréhensibles. Comme par exemple une arrivée en retard de deux minutes sur la sonnerie ( maintenant, vous n’avez même plus le droit d’aller aux toilettes ou de discuter simplement avec un professeur, ou d’aller faire signer une absence chez les CPE..)
Si bien que le CDI, votre coin préféré du Lycée jusqu’ alors, devient un lieu qu’il faut fuir à tout prix, éviter définitivement. Il n’y a rien d’étonnant, dans ces conditions, de voir des élèves traîner dans les couloirs, au foyer, de jouer avec leur portable au lieu de travailler. Rien d’étonnant alors, de constater des devoirs non fait, ou mal fait, faute d’un accès direct, sans limites, sans contraintes, aux documents les plus élémentaires, tel qu’un dictionnaire.
La tyrannie des documentalistes, finira, si personne ne cherche à y mettre fin, par vider totalement les rangs du CDI.
Tout ce que les pauvres élèves brimés réclament, c’est simplement, la liberté. Et pas la liberté de sécher les cours ( celle là ils savent bien la prendre seuls, comme des grands) non, voilà qui est bien paradoxal, mais la liberté de travailler comme ils l’entendent, et surtout, où ils le souhaitent !
