nota : Je demande pardon d'avance aux protagonistes de cette histoire véridique, si le fait qu'elle soit racontée vous ennuyiez pour quelque raison que ce soit, je m'engage à effacer cette chronique sur votre simple demande. (Note pour Ben : effectivement, ça fait une histoire à écrire, désolée mais ça me démangeait trop, ne m'en veut pas si tu passes par ici.)
La vie est faite de multiples surprises, bonnes comme mauvaises. Au cours d'une journée un peu particulière mais sans histoires arrive soudain une perturbation aventureuse, si vous me permettez cette expression.
C'était le jour de la représentation. Un soleil radieux à l'extérieur, il restait deux heures et demie avant de remonter sur scène ( il était donc aux environs de cinq heures). Derrière le lycée, il y a un canal au bord duquel les élèves aiment à s'asseoir, à toute heure de la journée, dès qu'il n'y a pas cours. ( Voire même pendant mais ça, c'est une autre histoire.). Au bord du canal il y a des bancs. Et sur l'autre berge, des pontons de bois. Et les élèves s'installent sur ces pontons, au soleil, tranquille. Tout va pour le mieux, rien d'extraordinaire, journée parfaitement normale si l'on exclut la représentation.
Chers amis lecteurs, retenez votre souffle, ici arrive l'élément perturbateur. Quatre mecs, dont l'un en pantalon orange fluo, débarquent, s'installent sur le banc situé un peu plus haut sur la berge mais juste en face du dit ponton. Première attaque : " Eh, y'a pas quelqu'un quia un portable à prêter? Allez, je paye si vous voulez !" Méfiance, défiance, pas de réponses, quelques " j'ai pu de batterie, j'ai pas de crédit, j'ai pas de portable" ( Nous avions tous un portable à la vérité et personnellement pas mal de crédit). De la part de monsieur pantalon orange un grognement genre " ouais c'est ça". Mais il n'insiste pas et fait demi-tour.
La seconde attaque viendra un peu plus tard : " et une garo ? zavez pas ça?" IL faut savoir que les fumeurs de nos jours sont facilement sans clopes, vu l'augmentation des prix ( Ndp : c'est bien fait pour eux! lol! cf première chronique) Mais parmi les quatre clopeurs présents ( ndp : nous étions huit ce qui fait une moyenne de 1 ados sur 2 pour la clope tout de même !) Deux possédaient un paquet et une consentit à "lâcher" une cigarette. De la part de pantalon orange " Ah merci, enfin une quié gentille."
La conversation repart bien gentiment. Mais le mec en fluo ne lâche pas l'affaire et revient à la charge quelques minutes plus tard, toujours avec son histoire de portable. "Z'êtes sur quels opérateurs ?" question anodine, réponses franche " SFR, orange." Lorsqu'il entend "orange", il demande : " y'a moyen que j'mette ma puce dans ton portable pour appeler, juste cinq minutes ?"
J'attire ici votre attention sur le fait qu'à cet instant, nous aurions dû flairer quelque chose de louche. Quelqu'un qui a une carte sim sans portable ? Cherchez l'arnaque.
Celle à qui appartenait le portable orange, réticente mais toujours prête à aider les gens ( et sur ce coup-là peut-être un peu naïve ? Je ne sais pas.) Enlève sa puce et tend le portable.
Et tout s'accélère, le type en orange se retourne vers ses potes pour demander le code pin, ceux-ci sont à moitié en train de partir déjà. Pantalon orange avance vers ses potes, à cinq à dix mètres de nous. Nos regards se croisent, la proprio se lève, monsieur pantalon orange se barre en courant, suivit au pas de course également par la propriétaire du portable et deux autres filles. Nous, derrière, nous ne les rattraperons pas.
Heureusement, cette histoire finit bien pour nous. La volée et ses deux amies ont rattrapé les voleurs tout en appelant la police avec... le portable de l'une d'entre elles. Monsieur pantalon orange s'est fait arrêter, les complices se sont enfuis. La proprio du portable passera une petite demie-heure au commissariat à porter plainte, juste avant notre représentation. Niveau adrénaline, elle a son compte.
La morale de cette histoire est en quelque sorte double, concernant à la fois voleur et volé. Amis lecteurs susceptibles d'appartenir peut-être un jour à cette seconde catégorie, ne prêtez jamais votre portable à un illustre inconnu; sauf si bien sûr vous possédez de bonne basket et qu'un petit sprint vous tente. Si par contre vous appartenez à la première catégorie, évitez les pantalons orange fluo, on les repère de loin, et quand quelqu'un vous poursuit pour récupérer son bien, ça lui facilite vraiment, mais vraiment, la tâche.

